Dialogue national en RDC : Génie Kande appelle d’abord à consolider l’accord de Washington et à maintenir la fermeté face au Rwanda

Dialogue national en RDC : Génie Kande appelle d’abord à consolider l’accord de Washington et à maintenir la fermeté face au Rwanda

février 7, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
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Dans une prise de position politique structurée sur le débat autour du dialogue national en République démocratique du Congo, Génie Kande, « Fatshiste » et président de la FOGEKA, a exhorté le chef de l’État, Félix Tshisekedi, à poursuivre sa ligne diplomatique actuelle pour mettre fin aux « guerres d’agression » dans l’Est du pays, qu’il attribue notamment au Rwanda et aux groupes armés M23/AFC.

 

S’exprimant sur les perspectives de dialogue politique interne, Génie Kande s’est montré réservé quant à l’opportunité d’ouvrir un nouveau cadre de concertation nationale en dehors du processus de paix engagé à Washington. Pour lui, toute initiative de dialogue qui ne s’inscrirait pas dans le prolongement des accords internationaux déjà signés risquerait de fragiliser les avancées diplomatiques obtenues sous le leadership du président Tshisekedi.

 

Selon le président de la FOGEKA, la paix durable en RDC ne saurait découler d’un dialogue politique perçu comme un simple mécanisme de partage de postes, mais doit s’appuyer sur des principes fondamentaux, notamment la reconnaissance du statut de la RDC en tant que pays agressé. « La RDC est en position de force morale et politique. Elle n’a jamais attaqué le Rwanda et ne doit pas accepter une logique de dialogue qui banalise cette réalité », martèle-t-il, estimant que Kinshasa doit exiger clairement le retrait des forces rwandaises de son territoire.

 

Génie Kande insiste sur le fait que le dialogue, s’il est envisagé, doit être un outil de consolidation de la paix, et non un signe de faiblesse diplomatique. À ses yeux, toute démarche politique interne doit rester cohérente avec les engagements internationaux de la RDC et avec la dynamique diplomatique enclenchée par le président Tshisekedi.

 

Préserver les acquis et la dynamique de réformes

 

Le président de la FOGEKA met en garde contre les risques d’un dialogue politique susceptible de remettre en cause certains acquis sociaux et institutionnels obtenus ces dernières années. Il cite notamment la gratuité de l’enseignement de base, l’accès élargi aux marchés publics, la régularisation du paiement des salaires des fonctionnaires, ainsi que la poursuite des réformes fiscales portées par des responsables tels que Doudou Fwamba et Barnabé Muakadi, destinées à renforcer la capacité de l’État à mettre en œuvre la politique publique du chef de l’État.

 

Sur le plan de la reconstruction nationale, Génie Kande s’interroge sur la pérennité des efforts de développement local, citant en exemple les initiatives conduites au Lualaba sous la gouvernance de Fifi Masuka. Il appelle à garantir la continuité de ces programmes au-delà de toute reconfiguration politique issue d’un éventuel dialogue.

 

Au-delà des enjeux institutionnels, Génie Kande insiste sur l’impact concret des choix politiques sur la classe moyenne et les travailleurs du secteur informel, tels que les réparateurs de radios, électriciens et petits entrepreneurs, dont la dignité sociale et la stabilité économique dépendent, selon lui, d’un cadre macroéconomique prévisible et sécurisé. Il évoque, à titre illustratif, le cas de José Mpada Kabangu à la Poste, qu’il présente comme un symbole de restauration de la dignité professionnelle dans l’administration publique.

 

Le responsable associatif souligne également l’importance de la sécurité des personnes et de leurs biens, condition sine qua non pour attirer des investissements privés, créer des emplois durables et soutenir la trajectoire de développement du pays. À ce titre, il estime que la diplomatie régionale menée par le président Tshisekedi peut constituer un levier stratégique pour renforcer l’attractivité économique de la RDC.

 

Enfin, Génie Kande salue la volonté affichée du chef de l’État de réorganiser le gouvernement central afin de répondre plus efficacement aux problèmes quotidiens des Congolais. Il dénonce toutefois la présence, au sein des institutions et des entreprises publiques, de ce qu’il qualifie de « ministres bois mort », qu’il accuse de freiner la dynamique de réforme et de bloquer le fonctionnement optimal de l’État.

 

Pour le président de la FOGEKA, la RDC a aujourd’hui besoin de résultats concrets et d’actions de gouvernance efficaces, davantage que de dialogues politiques perçus comme des mécanismes de redistribution des postes. Il appelle, en conclusion, à la vigilance citoyenne pour préserver les acquis, soutenir la vision présidentielle de paix et de développement, et consolider l’autorité de l’État face aux défis sécuritaires et économiques persistants.