RDC – RENTRÉE SCOLAIRE : TSHISEKEDI JOUE LA CARTE DE LA RIGUEUR BUDGÉTAIRE ET DE LA PAIX SCOLAIRE 

RDC – RENTRÉE SCOLAIRE : TSHISEKEDI JOUE LA CARTE DE LA RIGUEUR BUDGÉTAIRE ET DE LA PAIX SCOLAIRE 

août 18, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
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Par Génie Kande

À trois semaines de la rentrée 2026-2027, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi serre la vis sur deux fronts jugés prioritaires : les finances publiques et l’école. En recomposant son trio budgétaire et en plaçant la rentrée sous le sceau du gouvernement, le président congolais envoie un double signal. Fermeté sur les comptes. Apaisement pour les élèves, notamment dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

 

Un « front budgétaire » de techniciens

Trois hommes, trois fonctions, une même ligne : discipline, traçabilité, résultats.

Aux Finances, la continuité. Doudou Fwamba Depuis 2021, il a porté la bancarisation, la sécurisation des recettes et le suivi des dépenses. Sa mission ne change pas : préserver les équilibres macroéconomiques dans un contexte marqué par la pression sécuritaire à l’Est et la volatilité des cours des matières premières, et maintenir la confiance des partenaires techniques et financiers.

Au Budget, le retour. Adolphe Muzito, économiste et ancien Premier ministre de 2008 à 2012, retrouve un portefeuille qu’il connaît. Son objectif est technique : limiter les dépassements, rendre les décaissements prévisibles et aligner chaque politique publique sur les ressources réellement disponibles. Une exigence de réalisme alors que le pays doit « faire plus avec moins ».

À la mobilisation des recettes, un profil d’activateur. *Barnabé Muakadi,* pasteur et acteur humanitaire, a la réputation d’avoir dépassé ses assignations dans ses fonctions. Il est chargé d’élargir l’assiette fiscale, de tarir les fuites et d’accélérer le recouvrement.

L’équation voulue par la Présidence est claire : Muakadi crée les marges, Muzito cadre la dépense, Fwamba sécurise la trésorerie. Ce dispositif, selon Kinshasa, doit « consolider les bases pour un avenir meilleur ». Reste à le transformer en résultats concrets : tenue du déficit, paiement régulier des salaires, financement des secteurs prioritaires sans pénaliser les provinces.

 

L’école érigée en priorité

Conscient que la rigueur budgétaire ne tient pas sans cohésion sociale, le chef de l’État a inscrit la rentrée scolaire au cœur de l’agenda. Lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, le vendredi 14 août à Kinshasa, il a plaidé pour une rentrée « effective, apaisée et inclusive » sur l’ensemble du territoire.

Il a instruit l’ouverture de discussions avec les organisations syndicales des enseignants pour prévenir toute tension. Les ministres du Budget et des Finances ont reçu pour mandat d’exécuter sans délai les engagements du gouvernement, en particulier sur la rémunération et les frais de fonctionnement.

Pour piloter l’opération, Félix Tshisekedi a confié à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka la mise en place d’un dispositif spécial. Objectif : anticiper, planifier et lever les blocages administratifs avant la première sonnerie de septembre.

Une attention spécifique est portée aux enfants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, touchés par les conflits, ainsi qu’aux déplacés privés d’un accès régulier à l’école. Dans ces zones, rouvrir les classes revient aussi à restaurer un espace de normalité.

 

Un contrat à tenir

En s’appuyant sur des techniciens éprouvés et en rappelant que l’éducation est un bien commun, le président Félix Tshisekedi pose les termes d’un contrat entre l’État et les citoyens : effort collectif contre résultats mesurables. Le test commencera en septembre.