RDC : Félix Tshisekedi convoque 3 mois de dialogue national « patriotique » sans les criminels ni les groupes armés
août 28, 2026Par Génie Kande
Dans une adresse à la Nation, le Président Félix Tshisekedi a annoncé la tenue, pendant trois mois, d’un dialogue national inclusif. Un cadre « sincère, profond et congolais » dédié à la refondation de l’État. Exclus : les criminels, les organisations armées et ceux « inféodés aux puissances étrangères ». Ligne rouge posée par le Chef de l’État : pas de prime à la violence, pas de retour en arrière.
Il est des moments où une Nation doit s’arrêter pour regarder son histoire en face. C’est dans cette gravité que Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est adressé aux Congolais ce jeudi.
Le Président a d’abord retracé le fil des ruptures depuis l’indépendance : sécessions, ingérences étrangères, concentration du pouvoir, guerres meurtrières et affaiblissement de l’État. Il a ensuite braqué le projecteur sur l’Est, théâtre pendant « près de 30 ans » d’une violence endémique. « Une génération entière est née et a grandi au rythme des armes ».
De Goma à Bukavu, de Bunagana à Uvira, en passant par Rutshuru, Masisi, Beni, Djugu, Irumu et Kalehe, il a égrené les noms des territoires meurtris. « Combien de vies fauchées ? Combien de déplacés ? Combien de villages réduits en cendres ? » Au-delà du coût humain, il a dénoncé le coût économique : des ressources qui auraient dû financer les écoles, les hôpitaux et les routes, englouties par « la guerre, la destruction et la contrebande ».
Sur ce constat, Félix Tshisekedi a posé l’acte politique fort de la soirée : la convocation d’un dialogue national inclusif pour une durée de trois mois. « Trois mois de discussions profondes, sincères et congolaises », a-t-il insisté.
Le Président en fixe la doctrine. Ce dialogue sera « patriotique et national », sans privilèges politiques, familiaux, ethniques ou religieux. Il sera « apaisé, inclusif et résolument républicain », conduit sur le sol congolais par les institutions, dans le respect de la Constitution. Objectif : consolider la cohésion nationale sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel.
Mais il pose des préalables non négociables. « Je suis favorable au dialogue, mais pas avec des Congolais soumis aux influences de puissances étrangères ». Et plus fermement : « Nul ne peut s’asseoir à la table du dialogue de la nation contre laquelle il porte les armes ».
Le message vise directement l’Alliance Fleuve Congo, AFC, et sa branche armée, le M23, officiellement écartées. Le dialogue national « ne constituera pas une nouvelle table de négociation avec les groupes armés ». Pour Kinshasa, il n’est pas question d’accorder une légitimité politique à ceux qui ont choisi la désolation dans l’Est.
Le gouvernement précise : seront exclus les acteurs « impliqués dans des groupes armés ou poursuivis pour des faits liés à cette agression ». Seule une réintégration individuelle reste possible pour ceux qui renoncent « de manière sincère et vérifiable à la lutte armée ».
Le Chef de l’État distingue deux démarches. D’un côté, le processus de Doha pour la cessation des hostilités et le désarmement. De l’autre, ce dialogue national, « consacré à la cohésion nationale et à la refondation de l’État », une refondation déjà « en marche ».
En assurant qu’il veillera lui-même sur le processus, *Félix Tshisekedi écarte toute « complaisance » et toute « manipulation politique ».
Concluant, le Président a salué la résilience d’un peuple qui a tenu. « La République Démocratique du Congo demeure une seule Nation, un seul peuple, avec un seul destin ».
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Kinshasa /RDC

