RDC : l’ARPTC s’équipe pour mesurer la qualité des réseaux mobiles
août 25, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
Reportage de Patrick Mulebe
Marre des appels coupés et d’une 4G qui repasse en 2G dès la sortie du centre-ville ? L’État congolais veut désormais trancher par les chiffres. Ce mardi 25 août, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a inspecté à Kinshasa les nouveaux équipements de contrôle déployés par l’ARPTC.Objectif : fonder la régulation sur des données objectives et non plus sur des déclarations d’intention.
L’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo vient de recevoir des systèmes d’acquisition et d’analyse de données réseau désormais opérationnels. Ils remplissent deux fonctions. D’abord, auditer en quasi temps réel la qualité de service des opérateurs : débit, taux de coupure d’appel, latence, couverture. Ensuite, surveiller le spectre des fréquences pour détecter les brouillages, vérifier l’occupation des bandes et préparer l’arrivée de la 5G.
Pour le ministère, il s’agit de passer d’une régulation de « bonne foi » à une régulation par la preuve. Depuis des années, les usagers dénoncent les mêmes dysfonctionnements, tandis que les opérateurs fournissent leurs propres indicateurs. L’ARPTC pourra désormais produire ses propres mesures, les analyser et envisager de les rendre *publiques, opérateur par opérateur, région par région.
Cette réforme aligne la RDC sur les standards internationaux recommandés par l’UIT. Au Maroc, au Sénégal ou en France, les régulateurs publient régulièrement des cartes de couverture et des classements afin de stimuler la concurrence par la transparence. Ils s’appuient aussi sur une gestion dynamique du spectre, bien rare et stratégique, et sur des sanctions financières adossées à des faits techniques indiscutables.
Reste la mise en œuvre. Trois défis sont devant l’ARPTC : assurer la continuité des contrôles et non des mesures ponctuelles, garantir la transparence des résultats, et appliquer effectivement le cahier des charges en cas de manquement.
José Mpanda Kabangu était accompagné des conseillers au numérique de la Présidence et de la Primature, un signal politique fort. Pour les millions d’abonnés, la question demeure : quand ces données se traduiront-elles par une amélioration concrète sur leurs téléphones ?
La réponse dépendra de la capacité de l’État à transformer la mesure en action.
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Kinshasa/RDC


