CHRONIQUE POLITIQUE : Et si l’Afrique décidait de sauver la RDC ?

CHRONIQUE POLITIQUE : Et si l’Afrique décidait de sauver la RDC ?

août 17, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
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Par Génie Kande

 Après trois décennies de médiations infructueuses, Kinshasa regarde désormais vers ses voisins.

 Dans les chancelleries africaines, une idée gagne du terrain : une coalition régionale pour stabiliser l’Est.

Entre usure des processus de Doha et de Washington et urgence humanitaire, le temps presse.

Soutenir les efforts du président Félix Antoine Tshisekedi devient une question de survie continentale.

 

Le rendez-vous des grandes puissances a encore accouché d’une souris . Et la nature pourrait bien changer de couleur. Dans les cercles stratégiques de Kinshasa, de Luanda et de Bujumbura, la même question circule : et si l’Afrique prenait enfin l’initiative pour sécuriser l’Est de la RDC ?

Le constat est implacable. Depuis plus de 30 ans, les processus de paix se succèdent sans éteindre la crise. Avec le président Félix Antoine Tshisekedi , le dialogue de Doha se poursuit. Mais il piétine, pendant que l’urgence humanitaire s’aggrave. Du côté de Washington , la séquence est connue : communiqués, feuilles de route, promesses, puis silence.

 

 Sur le terrain, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu restent sous la pression des groupes armés. Les camps de déplacés débordent. Les exactions continuent. Une économie de guerre s’est installée, nourrie par le pillage des ressources, les tueries de civils et les tentatives récurrentes de balkanisation.

À qui profite cette guerre de basse intensité depuis trois décennies ? Aux réseaux de prédation économique ? À certains voisins jaloux ? À des acteurs politiques locaux en quête de légitimité par les armes ? La question taraude des millions de Congolais.

 

Face à cette impasse, une part grandissante de l’opinion réclame un changement de méthode. Moins d’attente, plus de pression. Et cette pression doit venir d’abord du continent. Des pays qui partagent les frontières, les réfugiés, les trafics et l’insécurité.

 

 L’hypothèse d’une force africaine.

Elle n’est plus taboue. Les noms reviennent : Burundi, Angola, Congo-Brazzaville. Trois armées déjà habituées aux engagements régionaux. L’idée n’est pas de déclencher une guerre d’agression. Il s’agit de constituer, sous mandat de l’Union africaine et en coordination avec la SADC et la CAE, une force de stabilisation en appui aux FARDC. Objectif clair : restaurer l’autorité de l’État, sécuriser les axes humanitaires et permettre le retour des populations.

 

 Cette option trouve un écho particulier a 89% pour trois raisons.

 

D’abord, l’usure des solutions extérieures*. Quand la géopolitique mondiale prend le pas, l’urgence congolaise est reléguée. Ensuite, la montée des solutions africaines. Du Sahel aux Grands Lacs, les États testent des réponses endogènes. L’Angola joue un rôle de médiateur crédible. Le Burundi est déjà engagé aux côtés des FARDC. Enfin, *l’enjeu de développement. Cobalt, cuivre, coltan, or. Tant que l’Est est instable, l’ensemble de l’Afrique centrale est privé de croissance et d’intégration.

 

 Mais une telle démarche n’a de sens que si trois lignes rouges sont tenues.

 

Pas de division. Le peuple congolais doit rester uni derrière ses institutions et son commandant suprême.

Pas de trahison La coordination avec l’UA, la SADC et la CAE doit être totale, pour éviter les agendas parallèles.

Pas de raccourci Toute intervention doit s’inscrire dans le droit international et s’accompagner d’un plan politique : désarmement, justice transitionnelle, réparation des victimes, retour digne des réfugiés.

 

 L’Afrique ne se lève pas par idéalisme. Elle se lève par instinct de survie. Si le monde tarde, le continent doit agir, et vite. Soutenir les efforts du président Félix Antoine Tshisekedi, c’est défendre la souveraineté du Congo.

 Sauver la RDC, c’est préserver une part essentielle de l’avenir de l’Afrique.