KINSHASA – SANTÉ PUBLIQUE ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : L’ÉTAT DÉPLORABLE DES ABATTOIRS EXPOSE LA POPULATION À DE GRAVES RISQUES

KINSHASA – SANTÉ PUBLIQUE ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : L’ÉTAT DÉPLORABLE DES ABATTOIRS EXPOSE LA POPULATION À DE GRAVES RISQUES

août 24, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
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Par Génie Kande

Après plusieurs semaines d’enquêtes de terrain menées à travers la capitale, Fogeka Agency Asbl tire la sonnette d’alarme. Le corps scientifique de l’organisation, appuyé par des experts en santé publique et en hygiène alimentaire, a dressé un constat accablant : la majorité des sites d’abattage de Kinshasa fonctionnent en marge de toute norme. Faute d’eau, d’électricité et de contrôle vétérinaire, la viande consommée chaque jour par les Kinois représenterait un danger sanitaire majeur.

 

Un constat alarmant sur le terrain

Les investigations de Fogeka Agency Asbl révèlent une réalité difficilement soutenable.

Dans plusieurs établissements visités, l’abattage se fait à même le sol, au milieu du sang coagulé, des viscères exposés à l’air libre et des essaims de mouches.

 

Ni eau courante, ni électricité permanente, ni système d’évacuation des déchets : les conditions élémentaires d’hygiène sont tout simplement absentes.

Cette insalubrité chronique transforme ces lieux en véritables foyers de contamination et favorise la propagation de maladies zoonotiques.

Ce que disent les normes internationales d’abattage

L’abattage des animaux destinés à la consommation humaine est encadré par des standards stricts définis par l’OMS, la FAO et l’OMSA. Fogeka Agency Asbl rappelle les 5 exigences fondamentales aujourd’hui bafouées à Kinshasa :

1. L’inspection vétérinaire obligatoire

Chaque animal doit faire l’objet d’un contrôle ante-mortem puis post-mortem par un vétérinaire qualifié. Sur les sites inspectés, aucun professionnel n’était présent au moment des opérations.

2. L’hygiène et l’accès à l’eau potable  

Un abattoir doit disposer d’eau potable en quantité suffisante pour le lavage des carcasses, du matériel et des mains, ainsi que d’électricité pour assurer la conservation. Abattre sans eau constitue une violation directe du _Codex Alimentarius_.

3. Le respect de la chaîne du froid

Après l’abattage, la viande doit être conservée en dessous de 4°C. À Kinshasa, elle est pourtant transportée à l’air libre, sur des motos, des brouettes ou des camions non réfrigérés, parfois pendant des heures sous une chaleur intense.

4. La traçabilité et la gestion des déchets  

Le sang, le contenu stomacal et autres résidus doivent être traités dans des fosses septiques ou des incinérateurs afin d’éviter la contamination des nappes phréatiques. Actuellement, ces déchets sont déversés dans les caniveaux et directement dans les rivières.

 

5. La protection du personnel*

Les bouchers devraient porter des équipements de protection individuelle : bottes, gants, tabliers, casques. Sans protection, ils s’exposent à la brucellose, à la tuberculose bovine, à la fièvre charbonneuse et à d’autres zoonoses graves.

 

Un appel à l’action urgente

Cette situation fait courir à la population kinoise un risque élevé d’intoxications alimentaires, de fièvre typhoïde, de choléra et d’épidémies d’origine animale.

 

 Face à l’urgence, Fogeka Asbl formule les recommandations suivantes aux autorités compétentes :

 

– Fermer immédiatement* tous les abattoirs clandestins ne répondant à aucune norme sanitaire ;

– Réhabiliter en urgence l’Abattoir public de Masina en le dotant d’eau, d’électricité et de chambres froides fonctionnelles ;

– Déployer en permanence des inspecteurs vétérinaires assermentés du Ministère de la Pêche et de l’Élevage ;

– Rendre obligatoire la formation et la certification de tous les bouchers de la capitale.

 

 La sécurité alimentaire n’est pas une option. C’est un droit fondamental. La santé des Kinoises et des Kinois ne peut plus être sacrifiée sur l’autel de la négligence.

 

Fogeka Agency Communication  

Veille sanitaire et environnementale

E-mail : fogekardc@gmail.com

Tél : +243 818 344 445

 Kinshasa / RDC