RDC – SÉCURITÉ : Appliquer la 2765 maintenant. Le dialogue peut attendre
août 12, 2026Par: Génie Kande
L’Est de la République démocratique du Congo saigne depuis trop longtemps. Et pendant que les canons parlent à Goma, à Bukavu et en Ituri, Kinshasa s’enlise dans un débat qui n’a plus lieu d’être : faut-il encore dialoguer avec ceux qui occupent ?
La réponse du peuple, elle, est déjà tombée. Elle s’appelle résolution 2765.
Adoptée le 20 décembre 2024 par le Conseil de sécurité, la résolution 2765 n’est pas une recommandation. C’est une injonction.
Elle prolonge le mandat de la MONUSCO avec pour boussole la protection des civils. Elle condamne les groupes armés, M23 en tête. Elle exige la cessation des hostilités et le retrait des forces étrangères sur le sol congolais. Elle réaffirme la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la RDC.
En somme, l’ONU dit ce que Kinshasa répète depuis des années : l’agression doit cesser avant toute chose. Appliquer la 2765, c’est donc appliquer le droit international. Le reste est littérature.
Le peuple dit non au dialogue sous pression
Face à cette urgence, l’opposition sous l’impulsion de kikali persiste à réclamer un « dialogue national inclusif ». Une formule convoquée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi , mais qui n’a toujours pas été consacrée par ordonnance. Pourquoi ? Parce qu’elle sonne comme une capitulation.
Un sondage de FOGEKA ASBL est sans appel : le peuple congolais rejette un dialogue imposé de l’extérieur. Si dialogue il doit y avoir, estiment les Congolais de Bukavu interrogées, qu’il se tienne à Kinshasa ou à Brazzaville. Et surtout, qu’il n’ait pas pour préalable la légitimation de l’occupation.
Le fond de la pensée est clair : on ne négocie pas avec le fusil sur la tempe. On l’enlève d’abord.
Dans ce contexte, le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi dispose du soutien total de la population pour deux chantiers. D’abord, renforcer la diplomatie pour isoler le Rwanda et ses relais.
Ensuite, appliquer intégralement la résolution 2765 afin de libérer les territoires occupés et restaurer l’autorité de l’État.
C’est une ligne directe. Sans détour. Elle refuse de subordonner la reconquête de la souveraineté à un conclave* politique dont l’ordre du jour serait dicté par l’agresseur et ses parrains.
La 2765 ne gagnera pas la guerre toute seule. Mais elle donne le cadre légal et politique pour la gagner. Elle prive l’occupation de toute légitimité et rend au Congo les instruments pour se défendre et se reconstruire.
À l’Est, les déplacés ne réclament pas un énième forum. Ils réclament que l’État revienne. Avec ses soldats, ses juges, ses écoles.


