RDC-Environnement : le pays solution n’a plus besoin de nouvelles lois, mais de respect et de rigueur
juillet 11, 2026
Par Génie Kande Environnementaliste, Manager
Réagissant à la sortie médiatique du ministre de l’Environnement lors du briefing et au dépôt d’une nouvelle proposition au Conseil des ministres le vendredi 10 juillet, j’estime qu’empiler des textes sans les appliquer revient à gérer l’urgence par le discours.*
La République démocratique du Congo est qualifiée de « pays solution » pour le climat. Elle abrite le deuxième massif forestier de la planète, 145 millions d’hectares, et régule les pluies de toute l’Afrique centrale. Pourtant, nous légiférons sans cesse et nous appliquons trop peu. Sensibilisation en pointillés, contrôle quasi inexistant, sanctions rares : à quoi sert une loi de plus si les principes existants dorment dans les tiroirs ?
Le Président de la République, Félix Tshisekedi l’a compris en confiant l’assainissement de Kinshasa au général Kasongo. La présence des bâtisseurs dans les rues de la capitale ne doit pas être un fait divers. Elle doit devenir la norme : rigueur, application, redevabilité. C’est cela, l’écologie d’État.
Protéger nos forêts exige plus qu’un slogan. Quelle méthode sans prise en charge des paysans qui vivent de la forêt ? Sans suivi concret de la vision « un milliard d’arbres » du Président de la République, Félix Tshisekedi ? Madame la Ministre, depuis votre nomination, combien d’hectares ont été reboisés, et avec quel taux de survie ? Quels mécanismes pratiques proposons-nous aux communautés riveraines pour qu’elles deviennent gardiennes et non victimes de la conservation ?
Nous signons des engagements internationaux et des contrats d’exploitation pendant que la traçabilité du bois reste floue. Quel est l’état des lieux réel de notre couvert forestier ? Que gagnent les paysans sentinelles de cette richesse quand les grumes partent et que la pauvreté reste ? L’assainissement fait débat non par manque de textes, mais par manque d’éthique publique et d’engagement citoyen.
Le véritable chantier est donc triple : éducation civique de masse, brigades spécialisées dotées de moyens, et gouvernance fondée sur la transparence et la sanction. Sans cela, tout le reste n’est que bruit de dimanche.


