KINSHASA – ZÉRO CAS D’EBOLA : LA SAISON SÈCHE TESTE LA RÉSILIENCE DE LA CAPITALE 

KINSHASA – ZÉRO CAS D’EBOLA : LA SAISON SÈCHE TESTE LA RÉSILIENCE DE LA CAPITALE 

août 19, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
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Par: Génie Kande Fogeka Agency

Le ministre de la Santé, Dr Roger Kamba, a mis les choses au clair au micro de la RTNC : Kinshasa est sous haute surveillance épidémiologique, mais à ce jour aucun cas d’Ebola n’a été enregistré dans la ville. Zéro cas.

Il faut le répéter pour couper court aux fausses informations. La saison sèche porte des symptômes qui ressemblent à ceux de maladies infectieuses chroniques. Fièvre, fatigue, toux, irritations. Cet environnement nous fait croire à Ebola. Pourtant, le gouvernement confirme : Kinshasa demeure sous contrôle.

La priorité est ailleurs : faire bloc avec les provinces touchées. Le pays a besoin de discipline collective, pas de rumeurs, pas de divisions.

 

Une saison sèche qui découvre nos faiblesses

Entre juin et septembre, Kinshasa entre dans un autre régime. Le ciel se charge de poussière, l’humidité chute, les rivières et nappes reculent. C’est à ce moment que les manquements en matière d’assainissement et de gestion de l’eau deviennent visibles.

Trois phénomènes dominent :

L’air sec et pollué : moins d’humidité, plus de particules. Auxquelles s’ajoutent les fumées des feux de brousse en périphérie et des déchets brûlés dans les quartiers.

La pression sur l’eau : la REGIDESO peine à suivre, les forages tarissent, et les puits non protégés deviennent des points de contamination.

L’accumulation des déchets : sans pluie pour lessiver les caniveaux, les ordures stagnent et dégagent des odeurs.

Bilan sanitaire : le pic est là  

Dans les hôpitaux et centres de santé, les consultations explosent.

Les pathologies respiratoires arrivent en tête : asthme, bronchites, irritations des voies. La poussière mélangée à la fumée fragilise adultes et enfants.

Viennent ensuite les maladies hydriques : diarrhée, choléra, typhoïde. La rareté pousse certains ménages à stocker l’eau dans de mauvaises conditions ou à consommer une eau non traitée.

S’ajoutent les dermatites et conjonctivites liées à la poussière et au soleil, ainsi que les coups de chaleur et déshydratations, surtout chez les enfants, les personnes âgées et les vendeurs ambulants.

 

 La saison sèche ne crée pas ces problèmes. Elle les révèle.

Ce qu’il faut faire maintenant

Fogeka Agency ASBL propose 4 leviers concrets au gouvernement.

1.Assainissement et civisme : mobiliser les populations avec les Bâtisseurs pour l’enlèvement des déchets ménagers et dangereux. Sanctionner les dépôts sauvages. Imposer la couverture des camions d’évacuation pour limiter la dispersion des poussières et plastiques.

2.Curage préventif : intensifier le nettoyage des caniveaux avant le pic de la saison. Moins de boue stagnante, moins de moustiques, moins d’odeurs.

3.Accès à l’eau sûre : cartographier par commune les sites de forages protégés, contrôler la qualité des puits, et installer des fontaines publiques dans les zones denses pour éviter la ruée vers une eau douteuse.

4.Assainir le corps médical : Fogeka Agency propose au ministre de la Santé, dans ses prérogatives, de lancer après l’alerte Ebola une campagne de contrôle dans chaque institution sanitaire. L’objectif est simple : savoir qui est médecin, qui ne l’est pas. Il faut mettre fin aux charlatans habillés en blouses et aux faux corps médicaux qui profitent de la peur.

 

Reboiser pour respirer

Kinshasa a besoin d’ombre et de filtres naturels. La campagne « 1 ménage, 1 arbre » doit devenir une réalité dans les écoles, les marchés et le long des avenues. Les arbres baissent la température et piègent la poussière.

Il faut aussi protéger ce qui reste : Jardin Botanique, Mont-Ngaliema, bois de Limete. Stop au bradage. Et encourager les toitures et murs végétalisés sur les bâtiments publics.

Sensibiliser sans relâche

Le message doit être simple et martelé : « Eau propre, poubelle fermée, masque si poussière ». Lavage des mains, stockage sécurisé de l’eau, port du masque les jours de forte poussière. C’est basique, mais c’est ce qui sauve.

Passer des discours aux actes

La saison sèche n’est pas une fatalité. C’est un test. Elle montre si la ville est capable de se gérer.

Sans éducation de masse, sans reboisement et sans assainissement rigoureux, Kinshasa subira chaque année plus de maladies, plus de chaleur, plus de pollution.

La vision écologique du *Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi , doit descendre dans la rue : des arbres plantés, des caniveaux curés, des quartiers propres, et un système de santé crédible.

Protéger l’environnement en saison sèche, c’est protéger la vie en toute saison.