RDC – SÉCURITÉ SOCIALE : RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027, L’AFC/M23 PLONGE LES POPULATIONS DE L’EST DANS UNE SOUFFRANCE INTERMINABLE
août 21, 2026Par Génie KANDE
Pendant que le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, enjoint le Gouvernement à garantir une rentrée scolaire 2026-2027 _« apaisée, effective et inclusive »_ sur l’ensemble du territoire national, l’Est de la République vit l’exact contraire : une rentrée sous rançon.
UNE TAXE REBELLE SUR L’AVENIR DE NOS ENFANTS
Par un communiqué rendu public à Goma, la rébellion de l’AFC/M23 a décidé de briser le principe de la gratuité de l’enseignement primaire. Elle impose aux parents d’élèves le paiement obligatoire de frais scolaires allant de *9.000 FC à 45.000 FC par trimestre et par élève*, soit jusqu’à 135.000 FC par an.
Le détail est éloquent :
– 8.000 FC par trimestre au niveau maternel et primaire ;
– 10.000 FC par trimestre pour les classes de 7ème, 8ème et humanités.
Derrière Corneille Nangaa, ce sont les gestionnaires de l’école de la souffrance qui jouent leur carte : imposer la misère là où l’État avait apporté la gratuité. L’ennemi du peuple impose sa propre loi, soutenu par le Rwanda, dans une logique assumée d’administration d’occupation.
D’OÙ VIENDRA CET ARGENT ? LA QUESTION QUE POSE FOGEKA
La question est brutale et légitime : d’où viendra cet argent ?
La population de Rutshuru, Masisi, Lubero et Goma est une population déplacée, appauvrie, qui a tout perdu du fait de la guerre. Comme en témoigne Claude Muliyanga, parent de trois enfants à Mambasa (Lubero) : _« Nous avons tout perdu pendant la guerre et il sera difficile de trouver de l’argent »_. Il a préféré fuir vers Butembo dans l’espoir de continuer à bénéficier de la gratuité.
Le Gouvernement de la République a été clair, par la voix de la Ministre d’État Raïssa Malu et du Porte-parole Patrick Muyaya : _« La gratuité de l’enseignement primaire public est un principe constitutionnel intangible, irréversible et non négociable »_.
Alors même que Nangaa et Joseph Kabila prépareraient, selon plusieurs sources, les oppositions et les kulunas de Kinshasa, machettes à la main, pour marcher le 15 septembre contre le changement de la Constitution : de quelle Constitution l’AFC/M23 et ses relais politiques de Kinshasa parlent-ils, quand cette même Constitution, en son article 43, consacre la gratuité de l’enseignement ?
Le peuple congolais l’a compris : il ne s’agit ni de Constitution, ni de souveraineté, ni de développement, mais bien de la poursuite d’autres objectifs inavoués.
L’article 43 de la Constitution consacre en effet le droit à l’éducation. Aucun frais ne peut être exigé. _« Toute dérogation à ce principe constitue une rançon injuste et inconstitutionnelle, étrangère à l’État »_, martèle le Ministère de l’Éducation Nationale.
D’ailleurs, Kinshasa continue d’assumer, y compris dans les zones occupées, les frais de fonctionnement, les salaires et les primes des enseignants. L’AFC/M23, elle, ne fait que racketter.
LES ÉLÉMENTS NOUVEAUX QUI AGGRAVENT LA SOUFFRANCE
a) La centralisation de la rente éducative : Depuis juillet 2026, à Kirumba, l’AFC/M23 a imposé que tous les bulletins scolaires soient imprimés à Goma et que l’ensemble des frais perçus soient centralisés par son administration financière rebelle. La clé de répartition est un aveu en soi : 70% pour la prime des enseignants, 20% pour les gestionnaires, 8% pour le fonctionnement et *2% prélevés directement pour la caisse de guerre de l’AFC/M23*. L’école finance désormais la rébellion.
b) Le risque d’une année blanche et d’un décrochage scolaire massif :Plus de 29 millions d’élèves sont attendus cette année au niveau national. Dans les zones occupées, la timide rentrée du 1er septembre 2025 a démontré que de nombreux parents sont dans l’incapacité de payer. Conséquence : les enfants de l’Est ne bénéficient plus de la gratuité, ce qui aura un impact considérable sur le système éducatif national lors de la restauration de l’autorité de l’État.
c) La double peine pour les enseignants : L’AFC/M23 instrumentalise la précarité des enseignants, notamment les Nouvelles Unités non payées, pour justifier sa taxe, alors même que c’est Kinshasa qui continue d’assurer leur rémunération. C’est une manipulation éhontée.
LA GRATUITÉ, SYMBOLE DE LA RÉSISTANCE
La vision du Président de la République Félix Tshisekedi, matérialisée par la gratuité depuis 2019, a permis à des millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école. Vouloir la supprimer dans l’Est, c’est vouloir assassiner l’avenir.
Le peuple de l’Est ne demande pas la charité. Il exige le respect de la Constitution, le retour de l’État et que l’éducation de ses enfants ne devienne pas l’impôt de guerre d’une rébellion.
C’est une question de sécurité sociale et de dignité nationale.
FOGEKA AGENCY condamne avec la dernière énergie la présence de la rébellion AFC/M23 qui met en péril l’avenir de nos enfants. Peuple congolais, mobilisons-nous comme un seul homme pour dire non, non et non au plan de Paul Kagame, de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa.*
FOGEKA AGENCY demande :
1. Que le Gouvernement maintienne fermement le financement de la gratuité dans les zones occupées comme acte de souveraineté ;
2. Que l’UNICEF, l’UNESCO et le CICR documentent cette violation du droit à l’éducation comme crime contre l’enfance ;
3. Que des mécanismes de solidarité pour la rentrée scolaire des orphelins de guerre de l’Est soient activés d’urgence.
L’Humain en Boussole.
FOGEKA AGENCY
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