RDC- ressources naturelles :Uranium congolais. Le cobalt, paravent d’un secret mal gardé 

RDC- ressources naturelles :Uranium congolais. Le cobalt, paravent d’un secret mal gardé 

août 5, 2026 0 Par Fogeka Fogekardc
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Par Génie Kande

Officiellement, la République démocratique du Congo ne produit pas d’uranium. Officieusement, il semble bien qu’il en sorte, en contrebande géologique, dissimulé dans les soutes de cobalt du Grand Katanga.

C’est ce que révèle, le 30 juillet, une enquête conjointe du Financial Times et de Lighthouse Reports, fondée sur un mémo confidentiel de l’AIEA. Selon les travaux de chercheurs de Wisconsin-Madison et de Princeton, publiés dans Nature Communications au moins 2 000 tonnes d’uranium auraient quitté la RDC depuis l’an 2000, sans déclaration ni contrôle de l’agence onusienne. Une quantité suffisante pour armer quelque 600 têtes nucléaires.

La destination désignée est la Chine. Le groupe CMOC, maître d’œuvre des mastodontes miniers de Tenke Fungurume et Kisanfu, est cité. Il dément. Il est vrai que la géologie katangaise est ambivalente : le cobalt, le cuivre, et parfois l’uranium, dorment dans les mêmes strates. Le scandale n’est donc pas tant la présence que l’absence de traçabilité.

Cette affaire réactive la mémoire de Shinkolobwe. Ce gisement, qui fournit l’uranium du projet Manhattan, hante encore l’imaginaire congolais et international. D’un minerai de guerre, on serait passé à un minerai de transition énergétique, sans jamais régler la question du contrôle.

 Le timing n’est pas neutre. Alors que Washington et Pékin se livrent une bataille d’influence pour les minerais critiques, et qu’un accord américano-congolais a été signé fin 2025, Kinshasa peine à imposer sa souveraineté sur ses sous-sols. Après l’embargo sur le cobalt de février 2025 et les quotas d’octobre, le gouvernement cherche des recettes et de la crédibilité.

Reste une question de fond, typiquement belge par son pragmatisme : peut-on parler de transition propre quand l’un des métaux clés de la batterie échappe à toute comptabilité nucléaire ? Tant que la RDC n’aura pas d’agence de contrôle et d’obligation d’analyse des concentrés à l’export, le doute demeurera. Et avec lui, le soupçon.